La guerrière aux cheveux d'or

La guerrière aux cheveux d'or
Le désert brûlant éblouissait les yeux des guerriers. Des nuages de sables les enveloppaient petit à petit jusqu'a les transformer en ombres en mouvement parmis tant d'autres. Peu à peu ces ombres tombaient les une après les autres. Certaines étaient couchées, recouvertes de sang sec et toutes essayaient de résister à la tentation de ne plus jamais se relever elles savaient que le désert à droit aussi à sa part de sang. Les nuages de sables devenaient peu à peu rouges de sang formant de grandes croûtes pourpres au sol. La chaleur de l'air, l'odeur du sang chaud et celle de la transpiration se mélangeait autour des derniers survivants formant une odeur putride de fauve. Parmis ceux-ci, une femme aux cheveux d'or volaient en tous sens, sautant d'un ennemi à un autre, tous s'affalant derrière elle. Le vent se leva, entraînant ce sable rouge avec lui et révélant derrière lui des hommes qui étaient enfouis asphyxiés depuis quelques heures sous les pieds des combattants. La femme rangea sa lame ensanglantée et parcourue le paysage désert des yeux. Il ne restait plus qu'elle. S'en apercevant, elle tomba à genoux et ferma les yeux. Le combat était perdu, la flamme de l'espoir qui s'était ravivée quelques jours auparavant venait de s'éteindre avec ses compagnons. Elle respira profondément.
Q
uelqu'un qui aurait pu passer à quelques mètres du carnage, aurait alors vu une silhouette flamboyante disparaître peu à peu dans les derniers volutes de sables et s'éteindre à jamais.

# Posté le dimanche 15 octobre 2006 07:10

Elle

Je cours sans m'arrêter, les branches giflant mon visage, la mousse qui défile sous mes pieds semble vouloir me faire glisser à chaque pas. Je m'arrête pour reprendre mon souffle. Je La sens, Elle est tout près. Je me remet à courir ; les oiseaux ne chantent plus, les abeilles ne vibrent plus, un silence de mort pèse sur cette forêt qui, il y a un instant, était ensoleillée par le printemps. La brume envahit les arbres au dessus de moi ne laissant passer que de faibles rayons gris qui rendent les choses plus sombres qu'elles ne l'étaient auparavant. Elle est toujours là cachée quelque part, devant, derrière, de tous les cotés, m'encerclant dans un nuage de brouillard qui m'empêche de respirer. Je tourne en rond. L'immense propriété où j'avais été invité semble avoir disparu. Seuls restent les arbres, d'immenses arbres sans feuilles ; aucune feuille morte par terre pour crisser, pour hurler ma présence, non, un silence de mort. Je me retourne, je suffoque à cause de cette brume humide ; si au moins je pouvais La voir, mais non, rien. Je La sens venir, m'encercler, parfois un souffle d'air froid me frôle, c'est Elle. Je n'en peux plus, j'essaie de crier, de hurler pour appeler à l'aide mais rien de sort ou alors si, mais ce n'est qu'un gémissement de jeune chiot qui sort de ma bouche. Je tombe, sur le dos, j'essaie de me relever mais mes forces m'abandonne. Je regarde une dernière fois le brouillard qui recouvre le ciel, j'essaye d'apercevoir ne fusse qu'un bout de bleu dans cette masse grise. Lentement, un froid m'envahit, Elle gagne du terrain, le brouillard s'évapore laissant place au monde des ombres. Les arbres disparaissent de ma vue, je ne bouge plus. Elle s'approche au dessus de moi, pénétrant tranquillement dans mon esprit, mon corps, mon âme. Je sais qu'Elle va m'emporter, Elle aussi le sait. Elle le savait depuis le début de chaque chose, de chaque être, depuis le début de la vie.
Elle

# Posté le dimanche 15 octobre 2006 07:55

Soleil couchant

Soleil couchant
Le soleil se couchait à l'horizon, salué par des milliers de palmiers. Les senteurs d'été qui nous entouraient faisaient palpiter notre nez, l'étouffant jusqu'à l'euphorie. Le sable été encore tout imprégné en ses profondeurs de la chaleur tropicale, tout en rafraîchissants nos pieds nus à sa surface, témoignant de l'arrivée de la fraîcheur du soir. On distinguait des fruits exotiques épars sur le sable au pied des cocotiers ou dans leurs branches, faisant le bonheur des oiseaux multicolores qui chantaient au-dessus de nos têtes. La mer d'huile qui avalait l'astre suprême, formait des petites rides en arrivant sur le sable humide où étaient imprimées nos empreintes. Les quelques nuages éparpillés dans le ciel pourpre, affichaient royalement des couleurs orangées. C'était magnifique. On aurait pu rester à cet endroit des décennies sans se lasser du paysage ; on avait juste à fermer les yeux en s'allongeant sur le sable qui cachait de multiples coquillages.
J
e la regardais, debout à côté de moi. Elle souriait, de ce genre de sourire qui n'indique pas une joie immense, ni un sourire de pitié, mais juste un sourire de bien être intérieur. Nous étions bien.
-Je
t'aime.
-M
oi aussi.
C
'était si simple.
J'en
tendis un bombardement, le tremblement des murs qui m'entouraient. Je me réveillait dans l'horreur de la réalité.
O
n peut tous rêver d'un monde meilleur, d'un monde où règne la paix.

# Posté le lundi 16 octobre 2006 11:29

Les enfants de la nuits

Les enfants de la nuits
Un hurlement déchira la nuit. On nous appelait. Depuis des années nous régnions en maîtres incontestés de la forêt. Un silence se faisait à notre approche, les oiseaux se taisaient sentant une menace qui passait, les sangliers se figeaient dans l'attente de la peur, les écureuils cessaient de grignoter dans leur cachette, même les cerfs étaient parcourus d'un frisson en percevant notre présence. Nos pas étaient légers presque imperceptibles, nous avancions en demi-cercle, chacun éloignés de trois ou quatre mètres, rabattant devant nous toute forme de vie animale. Mais ce n'était pas la faim qui nous tirait de notre domaine, c'était notre honneur.
Depuis plusie
urs semaines les Hommes étaient venus, tuaient nos frères, prenant leur peau, brisant le calme de la forêt. C'était un des notre qui appelait, il était pris. Instinctivement toutes nos meutes s'étaient rassemblées pour un dernier affront, celui qui déciderait de la domination du plus fort. Peu à peu, le demi-cercle accueillit plus de frères, étendant notre portée sur plusieurs centaines de mètres. Nos habituelles proies qui étaient pris dans le piège, ne pouvaient que gémir, bramer, grogner, siffler sans s'échapper, pourtant contre notre volonté, la chaîne ne devait pas être rompue et notre objectif ne les concernait aucunement. Bientôt on aperçut un feu, un fauve enflammé qui ne demandait qu'à nous brûler, nous avaler pour s'étendre davantage. Mais cette peur n'était pas de taille face à notre décision.
Nous les vîmes,
devant nous, préparant leurs armes, essayant de nous faire reculer grâce au fauve mais nous montrions les dents. On accélérait, la dernière course pour la sauvegarde de notre espèce. Chacun de nous savait ce qu'il devait faire, nous étions préparés. Les autres animaux qui s'étaient fait prendre dans la chaîne s'élancèrent eux aussi pour reprendre leurs droits. Le soleil lui-même nous faisait grâce de ses rayons qui se faufilaient entre les branches, aveuglants nos adversaires. Toute la forêt semblait s'éveiller pour assister au règne ou à la chute d'un empire, l'empire des loups.

# Posté le samedi 21 octobre 2006 05:44

Il était une feuille...

Il était une feuille...
C'est l'automne. Un vent frais souffle, trop frais. Un arbre se tient, seul, immobile, dans l'attente d'un lendemain qui ne viendra pas avant longtemps. Accrochée à ses branches, une feuille, la dernière. Elle a vu courir dans les prés des enfants, elle les a vus monter dans son arbre. Elle a vu des couples s'embrasser tendrement dans son ombre. Elle a vu des hommes centenaires venir côtoyer des arbres qui sont nés avec eux et qui mouront avec eux. Elle a vu tant de choses qui font partie de la vie et c'est maintenant son tour de la quitter. Elle frisonne, se replie pour résister au vent qui la tire, l'entraîne, la pousse vers une fin qu'elle ne peut éviter ; mais elle résiste. Elle voit ses s½urs qui l'appellent, elle revoit tous ces instants qu'elle a couvé du regard, elle voit cette eau qui la reflète, qui reflète un être décharné, ridé par le temps qui avance inexorablement. Elle se voit cesser le combat, elle se voit se détendre, tomber, se poser sur la surface lisse de son reflet. Mais l'eau ne l'entraîne pas dans son cours, elle la laisse aller. L'eau calme résiste au vent pour offrir à cette dernière feuille un repos, peut-être infime, mais mérité. Un repos que la feuille n'avait pas goûté depuis longtemps, trop longtemps, qu'elle n'avait jamais goûté en fait ; elle s'en souvient. Elle se rappelle les coups du vent d'un printemps lointain lorsqu'elle venait de germer et elle combattait son souffle pour vivre, elle se rappelle la chaleur torride d'un été presque oublié où beaucoup de ses s½urs ont succombé, elle a résisté davantage. Et cet automne encore elle résista. Mais maintenant, elle se laisse emporter, se laisse aller par le courant qui accélère. Elle voit les rochers des rapides qui la fracassent, les vagues qui l'engloutissent. Mais c'est bien tard pour la faire souffrir, elle se repose pour longtemps maintenant, très longtemps. Et plus tard, près d'une branche, près d'une rivière, près d'un village, un bourgeon naîtra et comme ses prédécesseurs, deviendra une feuille qui vivra sa vie avec des souffrances endurées, des bonheurs appréciés et un repos gagné.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 20 janvier 2007 10:30